Romain/ septembre 26, 2018/ Etat des lieux/ 0 comments

Ce texte a été écrit par une habitante des Merisiers qui a participé activement au Conseil Citoyen.


Sous la présidence de François Hollande, Najat Vallaud Belkacem lance son programme de participation des citoyens au cœur de la politique de la ville avec la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine. Les citoyens, organisés en conseils citoyens, sont invités à participer à l’élaboration du contrat de ville. La loi précise qu’il doit y avoir un conseil citoyen par quartier prioritaire et un représentant de chaque conseil citoyen aux instances de pilotage du contrat de ville (comité de pilotage).

Conseil citoyen, ce que dit la loi :

Article 1 : « La politique de la ville (…) s’inscrit dans une démarche de co-construction avec les habitants, les associations et les acteurs économiques, s’appuyant notamment sur la mise en place de conseils citoyens »

Article 7 : « Un conseil citoyen est mis en place dans chaque quartier prioritaire de la politique de la ville, sur la base d’un diagnostic des pratiques et des initiatives participatives. Le conseil citoyen est composé, d’une part, d’habitants tirés au sort dans le respect de la parité femmes / hommes et d’autre part, de représentants des associations et acteurs locaux. Ces conseils citoyens sont associés à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des contrats de ville. Des représentants des conseils citoyens participent à toutes les instances de pilotage du contrat de ville, y compris celles relatives aux projets de renouvellement urbain. Les conseils citoyens exercent leur action en toute indépendance des pouvoirs publics et inscrivent leur action dans le respect des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et de neutralité. Dans ce cadre, l’Etat apporte son concours à leur fonctionnement. Le représentant de l’Etat dans le département, après consultation du maire et du président de l’EPCI concernés, reconnaît la composition du conseil citoyen et accorde, si besoin est, la qualité de structure porteuse du conseil citoyen à une personne morale chargée d’assurer le fonctionnement du conseil citoyen. Les contrats de ville définissent un lieu et des moyens dédiés pour le fonctionnement des conseils citoyens ainsi que des actions de formation. Le conseil citoyen peut faire appel à des personnalités extérieures en raison de leur expertise dans les domaines relevant de leur compétence. »

 

Le conseil citoyen de Mantes-la-Ville est créé en mars 2016. L’arrêté préfectoral du 15 septembre 2016 officialise l’existence du Conseil citoyen de Mantes-la-Ville. Il est composé d’habitants des quartiers politique de la ville (Merisiers-Plaisances, Domaine de la vallée), d’associations et de commerçants. Les membres fondateurs décident, afin d’asseoir leur indépendance, de se fédérer sous une association loi 1901.

Le démarrage de cette aventure est accompagné par Philippe Pradère, délégué du préfet des Yvelines, et la GPSEO.

 

Depuis le changement de présidence et l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les crédits alloués à l’accompagnement des Conseils Citoyens semblent s’être considérablement réduits comme une peau de chagrin, laissant le Conseil Citoyen de Mantes-la-Ville livré à lui-même.

 

Pourtant, dès le début, la mairie de Mantes-la-Ville ne soutient pas le Conseil citoyen en commençant par refuser de publier l’article sur sa constitution dans la Note, journal communal distribué gratuitement aux Mantevillois et dont la mairie est rédactrice, arguant du fait que la mairie n’a pas vocation à publier des articles émanant d’entités extérieures… (sic). Il semble évident que l’émergence du Conseil Citoyen gêne.

 

 

Une des associations composant ce conseil est le « CRIC » de Mantes-la-Ville (Collectif de Réflexion et d’initiatives Citoyennes), menée par Romain Carbonne et créée au lendemain des élections municipales de 2014, qui ont vu arriver un maire d’étiquette Front National à la Mairie de Mantes-la-Ville, ville traditionnellement, et depuis des décennies, à gauche. Cette association, naturellement contre les idées frontistes, racistes et xénophobes du maire gêne particulièrement et est surveillée étroitement par la mairie.

On se demande d’ailleurs à cet égard pourquoi la mairie prenait un malin plaisir à écrire à une adresse du Conseil Citoyen qui n’existe pas : elle mélange à loisir le nom de la présidente avec l’adresse du siège social du CRIC !

 

Selon la loi du 21 février 2014, la mairie doit mettre à disposition du Conseil Citoyen des locaux lui permettant de tenir ses réunions. De plus, le Conseil Citoyen de Mantes-la-Ville s’étant constitué en association, il dispose également du droit de jouir des infrastructures de la ville pour tenir ses réunions. Or, à plusieurs reprise et sans explication, la mairie s’arroge le droit d’annuler des réservations de salles, de ne pas répondre à des demandes de réservations, bref de rendre difficiles, voire impossibles les activités du Conseil Citoyen de Mantes-la-Ville.

Ce qui est inacceptable.

 

Ce que la mairie oublie c’est qu’elle a l’obligation légale de soutenir ce Conseil et de le faire participer au comité de pilotage du contrat de ville. (A ce jour, aucune demande de participation n’a été émise par la mairie).

Les premiers mois qui ont suivi la formation officielle du dispositif ont permis aux conseillers de se former à la politique de la ville. Lors de ses différentes réunions et groupes de travail, le Conseil Citoyen a dégagé plusieurs axes de réflexions concernant majoritairement le bien-vivre à Mantes-la-Ville : lutter contre le désœuvrement, favoriser le tissu associatif, améliorer le stationnement dans les quartiers, sensibiliser les habitants au tri et au développement durable, créer des potagers partagés sur le modèle des Incroyables Comestibles.

Afin de préciser ces points et d’en dégager peut-être d’autres, le Conseil Citoyen de Mantes-la-Ville met en place une consultation citoyenne par le biais d’un questionnaire destiné aux habitants. L’objectif est d’interroger ceux-ci sur la perception de leur quartier, d’identifier leurs préoccupations et de construire avec eux les réponses aux enjeux prioritaires.

Ce questionnaire est donné à remplir aux habitants lors de la fête de quartier et du Forum des Associations de septembre 2017 et les résultats sont dépouillés et analysés à l’automne 2017.

 

Une des premières réalisations concrètes du Conseil Citoyen de Mantes-la-Ville a été de faire réaliser une fresque sur un mur laissé à l’abandon du centre commercial des Merisiers. Cette fresque a été peinte par des jeunes en difficulté accompagnés d’un grapheur professionnel.

Lors de l’inauguration de cette fresque à laquelle ont été invités tous les acteurs locaux ayant permis son existence, le maire de Mantes-la-Ville, Monsieur Cyril Nauth a été entendu en train de chuchoter pendant le discours de Madame Pascale Le Falher, Présidente du Conseil Citoyen : « de toutes façons ils n’en feront rien de leur conseil »… ce qui montre à quel point ce conseil est soutenu par la mairie. Madame Le Falher soulignait alors la totale indépendance avec laquelle ce projet avait été réalisé, sans aucune aide de la mairie (si ce n’est l’octroi de l’autorisation de travaux). Cette intervention a semblé fortement déplaire au maire qui n’a pas manqué de « convoquer » Madame LE FALHER pour le lui faire savoir.

 

Depuis, le Conseil Citoyen, manquant cruellement de visibilité, et n’étant aucunement soutenu par la mairie, souffre du désintérêt grandissant de ses membres qui se font de plus en plus souvent excuser lors des réunions, celles-ci s’espaçant de plus en plus.

Il est alors décidé d’organiser une grande réunion citoyenne, invitant les habitants à prendre connaissance de l’analyse des résultats de l’enquête, réunion qui ferait débat et relancerait l’action citoyenne, recrutant peut-être de nouveaux membres pour le conseil. Deux réunions sont en fait prévues, une par quartier mais le Conseil a le plus grand mal pour réserver des salles communales.

 

Le Conseil Citoyen fait une demande par courrier au Maire du 19 juillet, auquel il n’a jamais été répondu.

Pour le quartier du Domaine de la vallée, à ce jour, aucune réponse n’a été reçue pour la réservation d’une salle au CVS Le Patio malgré les nombreux rappels.

 

Pour le quartier des Merisiers-Plaisances la date du mardi 25 septembre 2018 avait été retenue et une salle du CVS Augustin Serre était disponible pour cette réunion, comme il l’avait été confirmé à Madame LE FALHER le 30 juillet, puis le 27 août.

Fort de ces confirmations, le Conseil Citoyen fait procéder à l’impression des flyers et affiches dans la perspective de la réunion du 25 septembre et engage de ce fait des frais importants ; il convient de rappeler à ce niveau que la Commune ne lui verse aucune subvention et que si le Conseil Citoyen dispose de quelque somme, c’est uniquement grâce aux demandes de subventions réalisées tant à la GPSEO qu’à l’Etat.

 

Quelle ne fut la surprise de recevoir le 29 août 2018 un mail du CVS Augustin Serre revenant sur son engagement et précisant :

 

« Suite à une réunion de coordination avec ma direction, j’ai été informé d’un changement de procédure concernant les prêts de salles municipales.

En effet, toute demande doit faire, au préalable, l’objet d’une demande à Monsieur le Maire.

Ce n’est qu’une fois l’autorisation obtenue que je suis en mesure de vous mettre à disposition une salle.

Je vous invite donc à vous rapprocher du secrétariat de Monsieur le Maire afin d’engager les démarches nécessaires, et de ne pas tenir compte de ma précédente réponse. »

 

La demande avait d’ores et déjà été réalisée auprès du maire bien antérieurement, sans réponse.

 

Ce n’est pas faire preuve de paranoïa que de dire que le maire fait tout pour mettre des bâtons dans les roues du Conseil Citoyen, allant même jusqu’à inciter l’un de ses agents à déposer plainte contre Madame Le Falher, sa présidente. Le Maire enjoint même les membres du Conseil Citoyen de ne plus communiquer qu’avec lui ou Madame GENEIX, en dehors de toute autre personne.

Compte tenu de ces derniers éléments, des pressions subies et du stress généré, Madame Le Falher préférera donner sa démission du poste de Présidente du Conseil Citoyen le 16 septembre 2018. Elle procèdera à l’annulation de la réunion programmée le 25 septembre.

 

Une assemblée extraordinaire du conseil aura lieu le 2 octobre 2018 afin de discuter de l’avenir du Conseil Citoyen de Mantes la ville.

 

Il est regrettable qu’une gestion ne prenant pas en compte les intérêts des habitants tant au niveau communal qu’au niveau national en vienne à provoquer l’arrêt de cette belle initiative. Devons-nous  nous soumettre à la loi du plus fort ou camper sur nos positions et résister pour la liberté et le bonheur de tous ?  Réponse le 2 octobre…

 

Isabelle Viry, Mantes-la-Ville le lundi 24 septembre 2018

 

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